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Afrique-climat : Comment l’ACS2 atteindrait-elle la souveraineté climatique par la finance verte et les solutions locales ? - PANA RADIO
Afrique-climat : Comment l’ACS2 atteindrait-elle la souveraineté climatique par la finance verte et les solutions locales ? - PANA RADIO

A l’heure où le monde fait la course vers des solutions adaptées au contexte climatique mondial, le continent africain se range de plus en plus sur les pas des enjeux. A cet effet, la capitale éthiopienne accueillera 8 au 10 septembre 2025 prochain, le deuxième Sommet africain sur le climat (ACS2), une rencontre stratégique organisée par le gouvernement de la République fédérale démocratique d’Éthiopie en partenariat avec la Commission de l’Union africaine (CUA). Ce sommet biennal portera sur le thème : « Accélérer les solutions climatiques mondiales : Financer le développement vert et résilient de l’Afrique ».

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L’Afrique, continent-clé dans l’équation climatique mondiale

Alors que 2024 s’est révélée être l’année la plus chaude jamais enregistrée et que les projections pour 2025 s’annoncent encore plus alarmantes, l’Afrique reste l’un des continents les plus vulnérables au changement climatique. Pourtant, elle ne représente que 3 à 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Ce paradoxe soulève une question centrale : comment mobiliser davantage de financements pour permettre au continent non seulement de s’adapter, mais aussi de jouer un rôle de leader dans la transition verte mondiale ?

« L’ACS2 est notre COP. C’est un espace où les idées audacieuses rencontrent la justice climatique », souligne Seyoum Mekonen, ministre d’État éthiopien à la Planification et au Développement.

Deux priorités : solutions africaines et financement climatique

L’ACS2 s’articulera autour de deux piliers stratégiques :

  • La promotion des solutions climatiques locales, fondées sur les savoirs endogènes, l’innovation technologique et les pratiques durables adaptées aux contextes locaux ;
  • La mobilisation d’un financement climatique à l’échelle, avec un plaidoyer fort pour des mécanismes plus justes, plus accessibles et mieux adaptés aux besoins des pays africains.

Le défi du financement : un déséquilibre structurel

D’après les données communiquées par la CUA, l’Afrique a besoin de 3 000 milliards de dollars d’ici 2030 pour réaliser ses objectifs climatiques. Or, entre 2021 et 2022, elle n’a reçu que 30 milliards, soit à peine 1 % des besoins estimés.

« Seulement 18 % des besoins annuels en atténuation sont actuellement couverts ; 20 % pour l’adaptation. Et les financements privés représentent à peine 18 % du total, bien en deçà des moyennes mondiales », précise Moses Vilakati, Commissaire de l’UA à l’Environnement et au Développement durable.

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Ainsi, le sommet prévoit des discussions techniques et politiques sur la réforme des mécanismes de financement international, notamment pour renforcer l’accès aux subventions et aux financements concessionnels pour les projets d’adaptation. Ces projets concernent directement les secteurs vitaux du continent : agriculture, ressources en eau, santé, éducation, etc.

L’Afrique, continent d’initiatives et de solutions concrètes

Contrairement à une vision victimaire, les organisateurs insistent sur le fait que l’Afrique innove, s’adapte et inspire. Parmi les initiatives à l’honneur lors du sommet :

  • L’extension des énergies renouvelables pour atteindre 300 GW de capacité installée d’ici 2030, condition essentielle pour garantir l’accès universel à l’électricité et soutenir une industrialisation verte ;
  • L’agriculture climato-intelligente, avec des solutions combinant savoirs traditionnels, technologies numériques, et résilience face à la sécheresse ;
  • Les systèmes d’alerte précoce multi-risques, intégrant données météorologiques, suivi sanitaire et connaissance communautaire, comme outil central d’anticipation et d’adaptation aux chocs climatiques.

« L’Afrique ne se contente plus de réagir. Elle propose des solutions concrètes qui bénéficient à la planète entière », affirme Abas Mohammed, coprésident du comité de contenu de l’ACS2.

Une mobilisation continentale sans précédent

L’ACS2 réunira plus de 45 chefs d’État et de gouvernement africains, aux côtés de représentants de la société civile, du secteur privé, des agences de l’ONU, des communautés diplomatiques et religieuses. À cela s’ajoutent :

  • 400 événements parallèles ;
  • 74 pavillons nationaux et institutionnels ;
  • Plus de 25 consultations formelles en amont, incluant des États membres de l’UA, des bailleurs de fonds, et des partenaires techniques.

Un rapport de référence sur les initiatives africaines en matière de climat sera publié à l’issue du sommet, visant à documenter et valoriser les actions déjà en cours.

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En route vers la COP30 : une voix africaine unifiée

L’ACS2 constitue également une étape stratégique pour préparer la position commune de l’Afrique avant la COP30. Il s’agira de renforcer l’unité du continent et de consolider les acquis de la Déclaration de Nairobi de 2023, qui posait déjà les bases d’une diplomatie climatique africaine plus affirmée.


John TSONGO : cofondateur de la radio Panafricaine, Journaliste et écrivain Africain, passionné des questions de science, d’environnement et recherche des solutions aux problèmes du millénaire