Alors que les pays industrialisés continuent de s’enkyster dans le recours aux technologies pollueuses, ces solutions jugées d’inadaptées ont encore été dénoncées par les ONG et activistes climatiques lors de la journée dédiée aux sciences et technologies à la COP29. Elles sont des « solutions illusoires », ces technologies pourtant mises en avant par les pays industrialisés.
Lire aussi : Cop-28 : la RDC face à un foncé entre ses gains et ses potentialités
En effet, cette question a connu lors de la dernière COP29 à Bakou, en Azerbaïdjan, une mobilisation hors du commun, incluant plus ou moins 480 lobbyistes représentant les technologies de capture du carbone. Particulièrement en cette 2024, ce nombre est loin impressionnant que con chiffre est supérieur à celui de toutes les délégations de l’Union européenne (UE), du Royaume-Uni, du Canada et des États-Unis réunis, selon les sources ayant pris part à la COP.
Des solutions à l’horizon
Il n’y a pas que des problèmes. Mais des solutions existent également. A la COP, le pavillon du Japon était par exemple « un véritable vivier de prototypes censés capter le CO2 atmosphérique pour atténuer les effets du réchauffement climatique ». À l’occasion, Marcel Benz de l’entreprise Nitto Denko a présenté des solutions innovantes : « Bien que ces technologies soient encore en phase de développement, elles nécessitent en effet des investissements conséquents. Cependant, nous sommes capables de traiter les émissions provenant de n’importe quel site industriel, chimique ou pétrochimique, grâce à nos membranes filtrantes qui captent spécifiquement le CO2 tout en laissant passer d’autres gaz. »
Lire aussi : COP 29: Déclaration de ActionAide pour débloquer les fonds pour la transition énergétique
Des grands pollueurs flattés
Ces solutions présentées par les japonais ont de facto attiré particulièrement les grands pollueurs, lesquels investissent des milliards pour perfectionner ces technologies. Nonobstant, cet enthousiasme ne rassure pas certains. Pour Kennerley par exemple, « L’efficacité de ces technologies est extrêmement faible. On nous les présente comme des solutions miracles depuis des dizaines d’années, mais elles n’ont jamais tenu leurs promesses. En réalité, 78% des projets ambitieux ont été abandonnés ou mis en pause. De plus, ces technologies sont souvent utilisées pour justifier de nouveaux projets fossiles » Regrette cette citoyenne attachée au Centre pour le droit international de l’environnement.
Vantées d’un côté, niées de l’autre
Nombreux scientifiques reconnaissent l’importance de ces technologies pour limiter le réchauffement climatique, certes, mais le fait qu’elles coutent chères et la mie en cause de leur efficacité en font « des outils à utiliser uniquement en dernier recours, lorsque toutes les autres solutions ont été épuisées ».
Lire aussi : Goma : Atelier de restitution restitution de la COP 29 par le Global Platform RDC /ActionAid
John TSONGO, journaliste scientifique spécialisé en questions de science, santé et environnement, chercheur, écrivain et cofondateur de la Radio Panafricaine
