Plus de 4,7 millions de personnes ont été frappées par le cyclone en 2024 en Bangladesh. Et août de la même année, le pays a encore été le lit d’importantes inondations jusqu’à affecter plus de 5 millions de personnes. Du Nord au sud tout comme de l’Est à l’ouest en passant par le centre, l’Afrique a aussi à travers plusieurs de ses pays, été fauchée par des revers du changement climatique. Ce climat autour de quoi s’est ouverte le 11 Novembre 2024 en Azerbaïdjan à Bakou ; la 29ème conférence des parties, a plus montré plus de revers qu’il y en a eu dans le passé, alors que ceux à qui incombent les responsabilités tentent de s’en soustraire pourtant. Ça s’apparente à un scandale quand femmes, enfants et vieux des pays pauvres dénoncent inlassablement sans se faire écouter, les affres du changement climatique, fruits des industries des pays soit disant développés. Mais en dépit, le monde devient de plus en plus éveillé que d’ores, allant de dispersion en front commun pour défendre les milliers des victimes innocentes de la pollution… Qu’en disent alors les activistes climatiques ? Quid des femmes et enfants vulnérables à la situation ? Quid des organisations climato-tolérantes telle ActionAid ?… Cet article décrit le fond d’une lutte devenue rigide face à une caste pollueuse, mais ‘’insouciante’’.
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Déjà à la veille de son ouverture, la COP29 a été baptisée par la responsable mondiale de la justice climatique à ActionAid International, « d’un test de l’engagement des pays riches à garantir une planète vivable »… Dans sa sortie médiatique pré-COP29, Teresa Anderson a déclaré je cite : « Les pays en première ligne qui n’ont pratiquement rien fait pour causer le problème sont encore plus endettés par la crise climatique. Pourtant, ce sont eux qui se retrouvent coincés avec une facture climatique de plus en plus lourde, alors qu’ils supportent les coûts de récupération après les catastrophes, de préparation aux impacts futurs et de transition vers les technologies vertes. Les pays touchés par le changement climatique ont désespérément besoin que la COP29 adopte un nouvel objectif de financement de la lutte contre le changement climatique, qui se traduira par des subventions annuelles de plusieurs milliers de milliards de dollars »… Fin de citation.
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Défense et regret en même temps, Anderson fait voir qu’elle regrette « qu’au lieu de s’engager à fournir l’argent nécessaire pour éviter une catastrophe climatique, les pays riches et pollueurs tentent de se soustraire à leurs responsabilités »…. Malheureusement ces pays riches ne font que porter le chapeau aux pays du Sud. Pourtant logiquement, « les prêts d’exploitation et les investissements des entreprises constitueraient en tout, l’essentiel du nouvel objectif de financement de la lutte contre le changement climatique »….
Plus jamais d’accord que les choses se poursuivent comme avant, Anderson tente de faire espérer et plaider « que la COP29 soit un test de l’engagement des pays riches à garantir une planète vivable ».
Mais Pourquoi ?
« Si nous voulons déclencher une action climatique à une échelle qui puisse sauver notre avenir », explique Teresa, « les pays qui ont provoqué la crise climatique doivent payer pour réparer les dégâts. Quel qu’en soit le coût, payer pour une action climatique ambitieuse maintenant sera bien moins cher que le coût d’une catastrophe plus tard », poursuit-elle.
Son argumentation soutenue d’un côté par Kelly Stone, analyste politique principal à ActionAid USA et Farah Kabir, directeur national d’ActionAid Bangladesh, essaie de prendre à certains égards, une note d’interpellations des « grands décideurs mondiaux ».
En ce sens, Farah Kabîr tente d’abonder dans la même direction mais avec une attention rivée sur son pays, le Bangladesh : « Nous voulons rappeler aux dirigeants mondiaux présents à la COP29 qu’alors qu’ils traînent les pieds en matière d’action climatique, les pays du Sud, comme le Bangladesh, continuent de subir les pires impacts de la crise climatique bien qu’ils ne fassent pas grand-chose pour en être la cause », explique-t-il, en essayant de faire voir qu’en 2024, le pire été vécu.
«2024 a été la pire année pour le Bangladesh. En juin, nous avons été frappés par le cyclone Remal, qui a touché plus de 4,7 millions de personnes. Avant même que nous ayons pu nous en remettre, le Bangladesh a été frappé par d’importantes inondations en août, qui ont touché plus de 5 millions de personnes »… Farah a donc arrosé la chaire de la COP29, avec les larmes de ses concitoyens sans défense.
Perte du temps et des personnes
Les communautés du Sud n’ont pas le luxe de disposer de temps. Elles estiment que pour l’heure, le temps perdu signifie plus de vies perdues, une plus grande destruction des biens et des moyens de subsistance et une insécurité alimentaire plus grave. Et elles expriment un besoin unanime à ce sujet à dire : « Nous avons besoin d’un financement climatique maintenant. Ces fonds peuvent débloquer la capacité de nos communautés à renforcer leur résilience face aux impacts de la crise climatique et à s’orienter vers des voies plus vertes ».
Les pays du sud outrés par les pays pollueurs
« Les pays riches poussent à une formulation faible dans les nouvelles négociations sur le financement du climat afin d’éviter de fournir un véritable financement basé sur des subventions », déclare avec amertume Madame Teresa Anderson d’ActionAid.
En essayant de commenter la COP29 avec un œil sur l’état des négociations à la COP29 et le projet de texte sur le nouvel objectif de financement du climat, Teresa Anderson estime qu’il s’agit tout simplement je cite : « d’un document tentaculaire et non structuré qui inclut toutes les idées, options et permutations possibles ». Elle ne s’en remet pas. Elle va dans son allocution, jusqu’à dire que le texte en question « reflète le besoin des pays en développement de disposer d’un objectif représentant des milliers de milliards de dollars de financement sous forme de subventions, afin qu’ils puissent faire face à la crise climatique. Il inclut également le langage préféré des pays développés sur une « couche d’investissement » qui met l’accent sur les prêts, les investissements des entreprises et d’autres flux financiers qui pourraient potentiellement faire plus de mal que de bien », de quoi s’énerver encore davantage.
Les prétextes cèdent place à la bonne volonté
« Le langage « investissement » que les pays riches défendent avec acharnement est manifestement un prétexte pour éviter de fournir de véritables financements sous forme de dons et pour utiliser le désespoir des pays de première ligne afin de s’ouvrir davantage à l’exploitation par les entreprises, estime une autre opinion.
Les pays riches coincés ?
Impossible de leur laisser une quelconque marge de manœuvre ! Les pays riches, dorénavant pollueurs, doivent se courber devant certaines évidences telle que, plaide Teresa, « Les négociations de la COP29 auraient plus de chances de progresser si elles se concentraient sur des domaines qui font déjà l’objet d’un consensus, comme le principe selon lequel, les finances publiques doivent être au cœur de l’objectif ». Et d’enchainer : « les pays riches et pollueurs, dont l’Australie, doivent assumer leur obligation morale et s’engager clairement à fournir au moins 1 000 milliards de dollars de subventions pour le climat dans le cadre du nouvel objectif de financement de la lutte contre le changement climatique », insiste-t-elle. Et de revenir avec un ton de compassion pour les peuples du Pacifique, je cite : « L’absence de financement constituerait un nouveau coup de poignard dans le dos de nos voisins du Pacifique, qui ont été laissés pour compte pendant si longtemps » … fin de citation.
Il est temps de payer, pollueurs !
A la COP29, il faut reconnaitre qu’une vague sporadique de militants s’est effleurée, pour défendre la cause des innocents « impollueurs » mais victimes des revers du changement climatique. Tous comme un, on dirait des avocats climatiques improvisés, soutiennent que « les communautés vulnérables ne peuvent plus attendre !… » Elles doivent en outre, et cela de façon obligatoire, bénéficier de la « Facture climatique géante » de la COP29.
Et le slogan est resté immuable à ce point…
« Pollueurs, payez ! » et “des billions, pas des milliards”,… n’ont fait que scander, dès les premières heures de la COP29, à Bakou, les différents citoyens mondiaux mués en défenseurs des victimes des affres du changement climatique.
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Un front de plus en plus contraignant
Actrice des droits des victimes climatiques, ActionAid a initié à la COP29, un front de plus en plus rude, visant à contraindre les pollueurs à sortir de leurs zones de confort, et entendre les voix des victimes innocentes. Avec d’autres structures et organisations en effet, ActionAid a brandit à l’ouverture de la COP, ‘’une « facture » de 10 mètres de long et des banderoles’’, dans l’optique de rappeler aux gouvernements des pays du Nord « à se mettre d’accord sur un objectif fort de financement du climat de plusieurs milliards par an en fonds publics ».
Du bureau à la rue ?
Responsable mondiale de la justice climatique chez ActionAid International, Teresa Anderson s’est sans tarder, jointe aux militants. Et c’est d’ailleurs en réaction du dévoilement de la « facture géante détaillée sur le climat » qu’elle rétorque je cite « le Nord doit des milliers de milliards d’euros au Sud en matière de financement climatique et il est temps de payer ». Pour Teresa, plus question des promesses, ni d’excuses non suivies d’effets. « Le temps des excuses est révolu », déclare-telle. En revanche, « les pays développés doivent tout simplement assumer les dommages qu’ils ont causés. Il est absurde que les populations du Sud, qui n’ont guère contribué à la crise, soient contraintes de supporter les coûts de la destruction du climat déclenchée par les pays riches », tonne-t-elle.
Des femmes et des enfants zappés par une justice climatique injuste…
Ceux qui ont pollué hier, continuent de polluer aujourd’hui, et il en sera peut-être le cas même demain… Mais c’est pratiquement ce de quoi ne veulent plus entendre parler les activistes climatiques, émissaires et défenseurs des victimes innocentes des effets du changement climatique.
Venue de la Tanzanie, un pays qui a lui aussi gouté des fruits amers de la désertification, émanation éloquente du changement climatique; la jeune activiste climatique Sylvia Kijangwa s’adresse farouchement sans réserve aux pollueurs :« Dans mon pays, les femmes et les jeunes filles sont de plus en plus contraintes de parcourir de longues distances à la recherche d’eau, ce qui les expose aux attaques des animaux sauvages et aux mauvais traitements infligés aux puits. En cette journée de la finance, nous demandons justice pour ces femmes qui viennent des pays qui ont le moins contribué à la crise climatique. Nos enfants souffrent de malnutrition en raison de la crise alimentaire, alors que les promesses creuses deviennent la norme. La COP29 est le bon moment pour financer les coûts des impacts climatiques que nous payons encore », dit-elle.
Sylvia Kijangwa n’a pas été seule
Directeur de programme d’ActionAid en Somaliland, Nura Mohamed a aussi des mots pour mordre sur l’argument de Sylvia : « Les femmes et les jeunes filles du Somaliland ne peuvent plus attendre alors que les grands pollueurs continuent de se soustraire à leur obligation de rendre des comptes sur les dettes climatiques contractées par les communautés dévastées par le changement climatique. Pour les femmes et les filles, les conséquences sont graves : les sécheresses mettent en péril les moyens de subsistance et les difficultés économiques qui en résultent alimentent la montée en flèche de la violence sexiste et des mutilations génitales féminines (MGF)’’… Et d’un ton encore plus ferme qu’en amont : « Il n’y a plus d’attente. Les chocs climatiques menaçant notre survie même, nous exigeons désormais des financements climatiques en milliers de milliards, et non plus en milliards »… Fin de citations.
Alors que les impacts du changement climatique deviennent de plus en plus importants qu’avant, les ‘’supposés pollueurs’’ se cristallisent de plus en plus eux-aussi, encore que leur pair, présenté comme « un climato-septique » de renom, Monsieur Donald Trump ; a repris le pouvoir à la tête des Etats-Unis, redoutables pollueurs de tous les temps. Quelle chance faut-il donc donner à cette lutte forgée sur fonds de financements des pollueurs à l’endroit des Etats victimes du changement climatique ? Il y a encore de quoi recharger les efforts…
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John TSONGO, journaliste scientifique spécialisé en questions de science, santé et environnement, chercheur, écrivain et cofondateur de la Radio Panafricaine
