Adopté lors de la COP30 à Belém (10–21 novembre 2025), le mécanisme mondial de transition juste marque un tournant majeur dans les négociations climatiques. ActionAid salue l’avancée, mais prévient : sans financement climatique massif, ce progrès pourrait rester théorique.
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Un “héritage majeur” pour la justice climatique
La COP30 s’est conclue par l’adoption d’un mécanisme de transition juste, destiné à accompagner les pays dans la transformation de leurs secteurs énergétiques, agricoles et miniers tout en protégeant les travailleurs et les communautés.
Pour Teresa Anderson, responsable mondiale de la justice climatique chez ActionAid International, il s’agit d’une avancée déterminante : « la COP30 à Belém a offert au monde un héritage majeur, un nouveau mécanisme pour une transition juste. C’est une énorme victoire pour les travailleurs, les femmes et la société civile. »
Pour elle, cette initiative constitue un signal fort envoyé au monde, dans un contexte de défiance croissante vis-à-vis des efforts climatiques.
Une négociation difficile et un financement insuffisant
Malgré ce succès politique, l’ONG rappelle la fragilité qui entoure ce mécanisme.
Le manque de financement climatique a pesé lourd dans les discussions, limitant la portée des engagements. Anderson souligne à ce sujet qu’ « un manque criant de financement climatique jette une clé dans les rouages des progrès. Les pays du Sud supportent déjà les coûts d’une crise qu’ils n’ont pas causée. Ils ont désespérément besoin du soutien des pays riches. »
Les débats autour de la sortie des combustibles fossiles illustrent cette tension : un texte plus ambitieux a été abandonné, faute d’engagements financiers suffisants.
Une sortie des fossiles encore hors de portée
Deux jours avant la fin de la conférence, ActionAid alertait déjà : « Pour garder le réchauffement sous 1,5°C, l’ère des combustibles fossiles doit se terminer, et vite. Mais sans un vrai financement ou des approches de transition juste, les impacts sur les emplois et les économies pourraient aggraver les inégalités et la pauvreté. »
L’ONG critique également l’attitude du Royaume-Uni et du Canada, accusés de défendre des approches trop minimalistes : « Le Canada et le Royaume-Uni jouent un jeu creux. Ils se contentent de dialogues et d’orientations, alors que le monde a besoin d’un mécanisme coordonné et robuste », regrette ActionAid.
Anderson conclut en réaction aux discussions menées à la COP30, que « Sans un mécanisme pour garantir que les populations soient incluses et soutenues, ce ne sont que des mots. »
Pour ActionAid, l’accord doit maintenant se transformer en engagements concrets, financés et appliqués.
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John TSONGO : cofondateur de la radio Panafricaine, Journaliste et écrivain Africain, passionné des questions de science, d’environnement et recherche des solutions aux problèmes du millénaire
