Ce vendredi 21 novembre 2025, à Belém au Brésil ; la COP30 s’est achevée sur un bilan contrasté. Le sommet a marqué une avancée historique avec l’adoption d’un mécanisme de transition juste et l’annonce d’un triplement de l’aide à l’adaptation. Mais derrière les déclarations ambitieuses, la réalité est cruelle : aucun plan contraignant pour sortir des combustibles fossiles. Les engagements restent fragiles, et le compte à rebours pour limiter le réchauffement à 1,5 °C continue.
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Tansition juste : un symbole fort, mais fragile
Pour la première fois, la notion de transition juste est inscrite dans le texte final. L’idée : protéger travailleurs et communautés dans la transformation énergétique, agricole et industrielle. « La COP30 a offert un héritage majeur, un mécanisme pour une transition juste. Mais sans financement concret, ce n’est que du papier », alerte nonobstant, Teresa Anderson, responsable de la justice climatique chez ActionAid. Le mécanisme pourra soutenir les pays dans la mise en place de plans pour l’énergie, l’agriculture et les industries extractives. Mais sans ressources garanties, son impact reste limité, interpelle-t-elle.
Financement : promesses en suspens
La conférence a promis un triplement de l’aide à l’adaptation pour les pays vulnérables, frappés par sécheresses, inondations et catastrophes climatiques. Mais ces engagements demeurent théoriques et leurs modalités concrètes restent floues. « Les pays du Sud, déjà frappés par des crises qu’ils n’ont pas causées, ont désespérément besoin du soutien des pays riches », insiste Anderson qui poursuit que sans financement réel, les mesures pourraient arriver trop tard pour protéger les populations et infrastructures les plus exposées.
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Fossiles : le verrou qui paralyse la COP
Malgré les alertes scientifiques et la pression d’ONG, aucun engagement contraignant sur la sortie des combustibles fossiles n’a été adopté. Le texte final laisse le statu quo intact. « Pour garder le réchauffement sous 1,5°C, l’ère des combustibles fossiles doit se terminer, et vite », souligne Anderson. « Sans financement réel, les impacts sur l’emploi et les économies risquent d’aggraver les inégalités et la pauvreté. » Les discussions ont montré un blocage clair entre pays producteurs de fossiles et nations favorables à la transition énergétique. La tension reste vive et les compromis insuffisants.
Adaptation-atténuation : un équilibre fragile
La COP30 a mis l’accent sur l’adaptation et le soutien aux pays vulnérables, mais les mesures d’atténuation — réduction des émissions à la source — restent insuffisantes. Les experts alertent : si les engagements pris à Belém ne se traduisent pas rapidement en actions concrètes, la trajectoire mondiale vers 1,5 °C sera compromise. Et Anderson prévient quiconque : « Sans mécanisme opérationnel et financé, tout ce qui a été signé ne sera que des mots ».
Le compte à rebours est lancé
La COP30 laisse un goût amer : progrès symboliques, mais réalité fragile. Les décisions sur la transition juste et le financement de l’adaptation offrent une lueur d’espoir. Mais le monde reste suspendu à des promesses et à des engagements financiers incertains. Les prochains mois seront cruciaux. La mise en œuvre de ces mesures décidera si la COP30 sera un tournant historique ou un avertissement ignoré.
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John TSONGO : cofondateur de la radio Panafricaine, Journaliste et écrivain Africain, passionné des questions de science, d’environnement et recherche des solutions aux problèmes du millénaire
