La ville amazonienne de Belém accueille cette semaine (début Novembre 2025), la 30ᵉ Conférence des Parties sur le changement climatique (COP30). Plus de 140 pays, dont une centaine de chefs d’État et de gouvernement, participent à ce grand rendez-vous mondial pour le climat.
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La République démocratique du Congo (RDC) occupe une place centrale à cette COP. Son président, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, est revenu à la COP après sa dernière participation à Glasgow en 2021. Le chef de l’État congolais soutient les efforts de son homologue brésilien Lula da Silva pour renforcer la coopération entre les pays détenteurs de forêts tropicales et mobiliser des financements durables à travers la nouvelle initiative « Tropical Forests Forever Facility » (TFF).
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Le Couloir vert Kivu-Kinshasa au cœur des ambitions congolaises
La RDC présente à Belém son projet phare : le Couloir vert Kivu-Kinshasa, déjà dévoilé lors du Forum économique mondial de Davos. Ce programme vise à protéger les forêts congolaises, à renforcer la résilience écologique et à créer des opportunités de développement durable pour les communautés locales. « Ce que nous voulons, c’est que le Couloir vert lancé à Davos soit mis en exergue ici. Et nous allons nous y atteler », a déclaré de sitôt, Tina Salama, porte-parole du président Tshisekedi.
Un appel pour plus d’action et de solidarité
À Belém, la RDC plaide pour :
- Le renforcement du multilatéralisme dans la lutte contre le réchauffement climatique
- Une hausse des ambitions mondiales en matière d’action climatique,
- Et la mobilisation de financements prévisibles pour soutenir l’adaptation et compenser les pertes liées aux catastrophes climatiques.
Malgré les avancées, les discussions à la COP30 restent difficiles. Les désaccords persistent, notamment à cause du retrait des États-Unis de plusieurs engagements écologiques. Les déclarations du président américain, qui a qualifié le changement climatique de « plus grande escroquerie jamais perpétrée », ont refroidi les négociations.
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Des progrès fragiles mais essentiels
Depuis l’Accord de Paris signé il y a dix ans, le monde a réduit ses projections de réchauffement, mais reste encore loin de la limite de 1,5 °C. L’ONU reconnaît que cet objectif pourrait être temporairement dépassé avant un retour à la normale à la fin du siècle.
Les pays riches ont promis 300 milliards de dollars par an d’ici 2035 pour aider les nations en développement, mais ce montant reste bien en dessous des besoins estimés. Par ailleurs, seuls un tiers des pays ont mis à jour leurs plans nationaux de réduction d’émissions avant la COP30.
Belém, symbole et défi
Le choix de Belém, au cœur de l’Amazonie, symbolise l’urgence de protéger les forêts tropicales, véritables « poumons de la planète ». Cependant, l’organisation du sommet a soulevé des critiques : infrastructures insuffisantes, coûts élevés pour les délégations pauvres et même déboisement partiel pour la construction de routes d’accès. Malgré ces difficultés, les dirigeants espèrent que la COP30 marquera un nouvel élan collectif pour la planète. Pour la RDC, cette conférence est l’occasion de rappeler que protéger les forêts du Congo, c’est protéger le climat mondial.
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John TSONGO : cofondateur de la radio Panafricaine, Journaliste et écrivain Africain, passionné des questions de science, d’environnement et recherche des solutions aux problèmes du millénaire
