Alors que le continent africain fait de plus en plus face à des vagues d’épidémies et pandémies répétées, le Centre de contrôle et prévention des maladies (CDC) de l’Union africaine compte sur le numérique pour l’épauler à faire un contrôle précis et coordonné des maladies.
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L’Afrique fait actuellement face à une flambée persistante de choléra, avec plus de 163 000 cas et 3 273 décès en 2025, soit une hausse de 76 % des décès par rapport à 2024. Parallèlement, le continent croupit sous la variole simienne, qui constitue d’ailleurs la deuxième épidémie la plus préoccupante après le choléra lui-même.
En 2025, plus de 70 000 cas suspects de variole simienne ont été notifiés, dont 20 936 confirmés et 542 décès. Trois pays sont en tête d’affiche : la RDC, l’Ouganda et la Sierra Leone, notamment.
Une visite de haut niveau pour un appui multisectoriel
Dans le cadre de la lutte renforcée contre la variole simienne (mpox) en Afrique, une mission de haut niveau dirigée par Dr. Ngashi Ngongo, responsable de l’équipe IMST (Incident Management Support Team) de l’Africa CDC, s’est rendue en Sierra Leone la semaine du 15 au 21 juin 2025.
Cette visite stratégique s’inscrivait dans un contexte de recrudescence des cas à l’échelle du continent et visait à soutenir les autorités sanitaires nationales dans leur réponse à la crise.
Accompagné des responsables des piliers clés de la riposte, Dr. Ngashi a tenu une série de réunions avec le ministre de la Santé et d’autres décideurs nationaux.
L’objectif : consolider l’appui technique et financier à la riposte nationale, et accélérer la coordination autour de la surveillance épidémiologique, de la prévention et du contrôle des infections (PCI), de la communication sur les risques (RCCE), ainsi que du renforcement des capacités de laboratoire.
Sierra Leone : un épicentre sous contrôle relatif
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Avec 3 842 cas confirmés et 16 districts affectés, la Sierra Leone a représenté 40 % des nouveaux cas confirmés en Afrique lors de la 23ᵉ semaine épidémiologique de 2025.
Malgré une baisse de 17 % par rapport à la semaine précédente, la situation est restée préoccupante, à en croire Dr. Ngashi. Le pays enregistre également un taux de positivité élevé de 89 % et maintient une couverture de test de 100 %.
Les hommes représentent 51 % des cas, tandis que les enfants de moins de 15 ans comptent pour près de 4 %.
Cependant, les efforts conjoints du gouvernement, de l’Afrique CDC et des partenaires techniques ont permis d’identifier 5 932 contacts, avec un suivi rigoureux, contribuant ainsi à freiner la propagation de la maladie.

Appui logistique et vaccinal : une solidarité africaine structurée pour une riposte à la hauteur des chiffres
Pour faire face à plus ou moins 70 000 cas suspects notifiés, dont 20 936 confirmés et 542 décès, où la RDC, l’Ouganda et la Sierra Leone concentrent à eux seuls 91 % des cas confirmés récents, le CDC a dû faire un soutien financier ayant permis de déployer des agents de santé communautaires pour la surveillance, la sensibilisation et la réponse rapide.
À cela s’ajoutent les efforts de la RDC qui, grâce à son soutien logistique, a fait un don de 75 000 doses de vaccin à la Sierra Leone, reçu le 18 juin 2025.
N’omettant pas les enfants, le CDC dit avoir consacré une grande part à leur vaccination dans la gestion de plus ou moins 731 000 doses de vaccins jusqu’ici administrées sur le continent.
Vers une réponse intégrée : le CDC fait appel au numérique
Pour bien mener la lutte, le CDC tente d’élargir ses compétences. Voilà pourquoi un système numérique de surveillance est en cours de développement avec le soutien de l’Université d’Oslo et de HISP Africa, a annoncé Dr. Ngashi lors du briefing de presse du jeudi 19 juin 2025.
Ce système, note le Dr., vise à améliorer la réponse aux urgences sanitaires sur l’ensemble du continent.
Conclusion : vers un système de santé résilient
La visite du leadership de l’Afrique CDC en Sierra Leone marque une étape clé vers une coordination renforcée de la lutte contre la variole simienne et d’autres menaces sanitaires majeures.
En misant sur une approche intégrée et communautaire, les pays africains s’engagent collectivement à sauvegarder la santé de leurs populations, dans un contexte de risques épidémiques croissants.
À chacun de s’engager pour une réussite totale de ce vœu.
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John TSONGO
Journaliste scientifique spécialisé en questions de science, santé et environnement, chercheur, écrivain et cofondateur de la Radio Panafricaine
